Un nouveau président au Mexique. Un nouveau dictateur est né ?

Dimanche, Andrés ­Manuel Lopez Obrador (AMLO) a prêté serment en tant que nouveau président du Mexique. Il a remporté les élections en août avec une large avance de 53% des voix. Le parlement mexicain et le sénat aussi sont allés à son parti “Morena”.

Comme maire de Mexico, il a mis de l'ordre dans les finances et lancé plusieurs programmes sociaux. Va-t-il s'attaquer aux problèmes du Mexique de la même façon ou suivra-t-il la trace d'autres dirigeants de gauche qui ont mis en danger la démocratie dans leur pays par des tendances dictatoriales ?”, se demande Corry Hancké dans De Standaard de ce 3 décembre.

Plus haut dans ce même article, elle écrit pourtant : “Pour combler en partie le fossé entre la politique et les citoyens, il va régulièrement tester ses initiatives par référendum auprès de la population. Fin octobre, il a arrêté la construction d'un nouvel aéroport, très cher, à Mexico City après que ce projet ait été rejeté par 69% des participants à une consultation populaire.”

L'organisation de référendums populaires est-elle le premier pas vers une dictature ?? Mais nous pouvons bien imaginer qu'ils donneront parfois des résultats qui ne plairont pas à l'élite mexicaine. Les grands médias semblent sur le point de lancer une future campagne contre un gouvernement TAMARA (There Are Many And Realistic Alternatives), qui veut mettre le holà, bien qu'encore très prudemment, à la soif de gain des grands argentiers. Ce même “souci” pour la démocratie et les droits humains, nous pouvons les voir dans les médias lors d'expériences sociales à Cuba, en Bolivie, au Venezuela, en Equateur sous Correa..., mais par contre, c'est à peine si on entend parler du Honduras ou du Guatemala...

AMLO a apporté de suite un changement de style dans l'économie mexicaine. Il a décidé de ne pas s'installer dans le palais présidentiel et de vendre le dispendieux avion gouvernemental du président précédent. Ces mesures sont bien symboliques mais elles montrent une rupture par rapport au passé. Plus fondamentale encore est l'introduction de référendums populaires comme nouvel outil politique, pour pouvoir trouver au sein de la population un important soutien aux changements. AMLO veut aussi donner la priorité au développement économique national : stimuler la (petite) industrie et les petits paysans afin de diminuer les importations massives de nourriture.

Le premier geste du nouveau président dans le domaine des affaires étrangères est un accord de migration avec l'Amérique Centrale. Dans ce texte, la migration est vue comme source de progrès et l'accent est mis sur le développement durable dans tous les pays et le respect de la dignité humaine de tous les migrants, conformément à la loi internationale. Collaborer pour que la migration se déroule d'une façon sûre et encadrée, voilà qui doit rappeler quelque chose rue de la Loi, ici en Belgique, non ?

Il faut attendre encore avant de voir quelle sera l'importance de la rupture avec une politique néolibérale. Les grands groupes de capitaux rappellent immédiatement l'avertissement TINA (There Is No Alternative, à l'exploitation néolibérale de l'humanité et de la nature). Ils craignent manifestement qu'un jour nouveau se lève dans l'histoire de la Gauche en Amérique Latine. En tant que mouvement de solidarité, nous allons être attentifs aux attaques contre les futurs développements au Mexique.