Emploi et vieillissement

A Cuba la question de l’emploi est importante, comme dans toute société, mais elle est considérée dans ce pays sous des aspects qui diffèrent quelque peu de ce que nous connaissons.

Tout d’abord l’emploi n’est pas une variable d’ajustement pour les profits, avec son corolaire, le chômage, qui exerce une pression sur les travailleurs avec la crainte de perdre son emploi ou de ne pas en trouver.

A Cuba, le taux de chômage est faible, environ 1,7%. Et avec 4,5 millions de travailleurs, dont 3,1 millions dans le secteur étatique et 1,5 millions dans le secteur non étatique, les personnes sans emploi recensées sont environ 76 500. Chiffre qui ne représente pas cependant le nombre total de personnes en âge de travailler qui n’étudient pas ou ne travaillent pas. Et sachant que parmi les personnes recensées, 18% déclarent ne pas être intéressées.

Le droit au travail est défini dans l’article 64 de la constitution cubaine qui « reconnait le droit au travail et précise que la personne en mesure de travailler a le droit d’obtenir un travail décent, conformément à ses choix, qualifications, aptitudes et exigences économiques et sociales ».

Donc Cuba connait plutôt une situation de plein emploi, mais, malgré tout, des améliorations sont attendues : comme l’établissement d’une relation plus cohérente entre l’offre et la demande de main-d’œuvre qualifiée, la promotion du développement professionnel, la mise à jour des savoirs, l’amélioration du système d’innovation dans la production et la répartition des revenus.

Ainsi 57 mesures à mettre en œuvre immédiatement, à court et moyen terme, ont été proposées par le Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale et la Faculté d’économie de l’Université de La Havane pour aller dans cette direction et viennent d’être évaluées par le Président Miguel Diaz-Canel.

Conformément au principe de non-discrimination qui s’applique à Cuba, l’accès à l’emploi est garanti sans distinction de sexe, de couleur de peau, de religion ou de tout autre motif de discrimination.

Dans le cadre de la politique nationale, les jeunes sont prioritaires, ce qui confirme l’importance d’une planification de la main d’œuvre qualifiée.

Cependant, Cuba va être confronté, dans un avenir pas trop lointain, à l’évolution de la démographie que connait le pays.

Cuba, avec 20,4% de sa population âgée de plus de 60 ans et plus, connait un processus accéléré de vieillissement démographique. Les données du dernier recensement de la population et de l’habitat montrent un nombre élevé de ménage d’une seule personne, et où il y une présence importante de personnes âgées. Ainsi 40% des ménages cubains comptent des personnes âgées.

Selon les projections faites, pour la période comprise entre 2011 et 2025, la population cubaine aura diminué en valeur absolue, et près de 26% de la population aura 60 ans et plus.

« On dit déjà que, faute de naissances, les travailleurs qui partiront à la retraite seront plus nombreux que ceux qui arriveront sur le marché du travail. L’impact du vieillissement de la population sur la question de l’emploi sera décisif » a souligné Jesus Ortamendiz Campos, directeur de l’emploi au Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale.

Dans ce contexte une importance particulière est apportée par l’Etat pour encourager la natalité, et également le traitement de l’infertilité pour les couples en âge de procréer. De même des aides financières sont prévues pour les mères de trois enfants de moins de 12 ans pour l’amélioration des conditions de logement.

De même Cuba s’oriente vers des investissements qui garantissent l’introduction de technologies de mécanisation et d’automatisation des processus de production, plus connues comme industrie 4.0.

« Le monde parle déjà de l’industrie 4.0. Il s’agit d’une industrie automatisée, numérisée, informatisée, en plein essor, qui utilise peu de personnel et permet d’obtenir de nombreux résultats productifs. Pour nous c’est une opportunité : faire en sorte que les investissements introduisent de plus en plus de haute technologie à Cuba » a encore déclaré Jesus Ortamendiz Campos.

On le voit Cuba a des défis importants à relever, plutôt par manque de main-d’œuvre sur le marché du travail que par trop de travailleurs sans emploi.

Granma, 19.08.2019

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