Bolivie : appel pour la paix et la démocratie

Communiqué - Appel pour la paix et la démocratie en Bolivie – 30 décembre 2019

Les signataires de la déclaration ci-dessous dénoncent le coup du 10 novembre 2019 en Bolivie contre le président Evo Morales Ayma (ainsi que son vice-président Álvaro García Linera) et lancent un appel pour une commission d’observateurs lors des nouvelles élections en 2020.

Bien que conscients du fait que le sentier vers les élections présidentielles du 20 octobre 2019 ait été semé de fortes dissensions concernant l’interprétation de la constitution, nous sommes d’avis qu’il est inacceptable que cette situation soit résolue par la suspension de l’ordre démocratique. De telles situations sont, d’un point de vue historique, toujours la source de répression et de situations pénibles pour les peuples d’Amérique Latine.

Les premières semaines de la présidence intérimaire nous ons catapultés vers un retour en arrière, au sombre passé des dictatures boliviennes. Le 15 novembre les forces de la police et de l’armée ont ouvert le feu sur des manifestants indigènes à Cochabamba. 9 personnes ont ainsi été tuées et 120 blessées. Quatre jours plus tard l’armée et la police ont à nouveau ouvert le feu à El Alto entraînant la mort de 9 personnes et plus de 30 blessés.

La plus grande urgence est requise pour faire cesser la répression brutale par les forces de police et de l’armée, et rétablir le droit au plein exercice de la liberté de la presse. Cela vaut avant tout pour l’état de droit démocratique où ni les partis ni les leaders politiques ne peuvent être interdits.

Cela n’est possible que par la tenue d’élections libres et démocratiques. Or nous n’avons aucune garantie d’ «élections libres et démocratiques» quant au scrutin qui aurait lieu le 20 mai 2020. La confiance de la population indigène - qui constitue 60% de la population bolivienne - est au plus bas. Ce n’est que logique, puisqu’elle constate que la transition est dirigée par un gouvernement autoritaire. Il ne peut être question de répression politique ni de prisonniers politique parmi les partis participants. Tous les partis politiques, sans distinction, devraient pouvoir participer, y compris les candidats du MAS.

C’est pourquoi nous condamnons la persécution systématique d’organisations politiques et sociales, d’indigènes et de paysans ainsi que de toute initiative ou mobilisation pour exiger un retour aux institutions démocratiques. En organisant la répression massive les autorités civiles et militaires, organisatrices du coup d’état, ont causé la mort de 24 personnes en moins de 5 jours, ainsi que des centaines de blessés et des arrestations en masse sans respect pour une quelconque procédure ou législation.

Nous condamnons le caractère raciste et sexiste du coup imposé à la Bolivie. Celui-ci s’accompagne d’attaques violentes sur la population indigène, d’insultes à l’égard des femmes, les «pollera» - reconnues pour la première fois comme facteur politique lors du processus de changement mis en branle par le MAS (le parti de Evo Morales).

Par ce coup d’état, les élites économiques tentent de réinstaller le néolibéralisme au détriment de la souveraineté et dans l’intérêt de projets étrangers et de leurs tentatives de mainmise sur les abondantes richesses minérales et autres ressources.

Nous plaidons pour une commission d’observateurs des Nations Unies avec des représentants de différents pays et de l’église pour garantir des élections libres et transparentes dont les résultats seront respectés.

L’envoi en Bolivie d’une commission d’observateurs aidera à renforcer la confiance de l’électeur dans le processus électoral prochain. Cette commission sera dirigée dans le respect de l’objectivité, la neutralité politique et la non-intervention. Elle sera l’expression concrète de l’engagement de la communauté internationale pour promouvoir la transparence et la participation citoyenne. Nous appelons la communauté internationale à agir maintenant.

 


Si, vous aussi êtes d'accord d’y joindre votre signature, faites-le moi savoir par retour de mail, en indiquant vos noms, prénoms et association, (ou «qualité») : solidaritebolivie@gmail.com

Signataires :

Intal

cubanismo.be